Craig Armstrong : As If To Nothing

As If To NothingAs If To Nothing

Craig Armstrong

Album CD – 2002 – Melankolic – Virgin Records

Fort d’un Oscar pour son travail pour la bande originale de Moulin Rouge, Craig Armstrong se relance dans l’aventure d’un album solo. Il se fait plaisir et nous offre son univers, un film sans images.

Si le nom de Craig Armstrong ne vous dit rien, il ne vous est sans doute pas inconnu pour autant. Le C.V. de cet Ecossais de 43 ans laisse rêveur: arrangeur et compositeur, on ne dénombre plus ses collaborations (parmi lesquels Björk, U2, Madonna et Massive Attack) et ses musiques de films (Romeo and Juliet, The Bone Collector, etc.). De Hole à Melanie C, on s’arrache littéralement ses services.

C’est que Monsieur Armstrong n’est pas n’importe qui ! As If To Nothing est là pour nous le rappeler. Mais le problème avec ce compositeur, c’est qu’il a du génie et qu’il se sent obligé de nous le faire sentir. Plus qu’un second album, As If To Nothing est une véritable carte de visite, un étalage de ses possibilités « électro-symphoniques » plus que de sa sensibilité. Le CD s’embourbe vite dans un exercice de style surchargé.

Malgré ses excès orchestraux, il nous émeut souvent. La fausse simplicité d’un morceau comme Wake Up in New York chanté par Evan Dando est d’une efficacité imparable. La voix de l’ex-Lemonheads n’a jamais été aussi intense.

La chanson Stay (que nous retrouvons originellement sur le Zooropa de U2) est ici réinterprétée par Bono pour notre plus grand plaisir. Si l’impression de longueur se fait sentir dès la moitié de l’album, nous en regrettons toutefois la fin. Dès la dernière note de Choral Ending, il nous manque déjà.

Si la suite de son premier opus (The Space Between Us) n’est pas parfaite, les collaborateurs d’Armstrong sur ce disque sont là comme autant d’excuses. Et il ratisse large, le bougre: Mogwai, Antye Greie-Fuchs, Photek, King Crimson, Wendy Stubbs, … Il y en a pour tous les goûts.

Dans cet album à la fois simple et sophistiqué, pop et obscur, c’est hélas l’ambiance impersonnelle et le caractère trop perfectionniste du compositeur qui lassera le plus vite.

Un album de maître à consommer avec modération pour s’éviter l’indigestion. A écouter seul, introspectif.

Frédéric Castadot

Liste des titres

:

Ruthless Gravity
Wake Up In New York
Miracle
Amber
Finding
Waltz Beauty
Inhaler
Hymn 2
Snow
Starless II
Stay (Faraway, So Close!)
Niente
Sea Song
Let It Be Love
Choral Ending

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.