Dominic Sonic

Dominic Sonic est un auteur, compositeur et interprète français. En 1980, Dominic Sonic, qui n’est encore que Dominic tout court, remplace le chanteur de Kalashnikov, groupe de Lamballe et potes de Lycée. Un an plus tard, c’est le premier d’une longue série de concerts (quelques 200 en sept ans) et le début du Blitzkrieg régional. Kalashnikov, groupe teigneux et vorace, traîne en effet une odeur de souffre qui va enflammer toute la Bretagne.

En 1987, Dominic, rebaptisé Sonic, s’enferme dans sa chambre avec sa guitare et un magnéto. Il en ressort avec 8 titres en poche et l’envie de remonter sur scène. La basse et la boîte à rythmes seront sur bandes, les guitares en direct avec la collaboration de Vincent Sizorn. Leur première apparition reçoit les acclamations du public et les encouragements des grands frères (Theo Hakola, Noir Désir, Stephan Eicher…). C’est le concours « Rock & Solex » qui permet à Dominic d’enregistrer de nouvelles maquettes et de rencontrer le label belge Crammed Disc via une première partie de Minimal Compact.

Signé chez Crammed durant l’été 1988, l’artiste enregistre seul la plupart des titres, ou avec les invités ayant jalonné le parcours depuis le début: Vincent Sizorn, Chris Mix, Alan Sioan, Tonio Marinesco (batteur des Kalash), Pierre Corneau (Marc Seberg), Bénédicte Villain (Passion Fodder).

En mai 1989, le premier album, Cold Tears, sort enfin. Alternance de morceaux violents et de ballades, mélange de machines et de sonorités naturelles. Les concerts s’organisent à l’image du disque pour mieux en offrir les deux facettes: tournées acoustiques ou électriques avec différents musiciens. Les bandes ont fait leur temps.

En 1991, Barclay rachète les droits du label belge. Sonic repart pour Bruxelles pour enregistrer le deuxième album. Un mois de studio et un budget plus important. Plus de machines, les compagnons de scène participent à l’enregistrement: Frédéric Renaud, ex-Marquis de Sade à la guitare, Pierre Corneau à la basse, Jean Claude Herry à la batterie, et d’autres encore (Vincent Sizorn, Jean Cadic, guitariste de Bashung, Bertrand Cantat de Noir Désir et Blaine Reininger, ex­ Tuxedo Moon). Dominic est sollicité par Alain Bashung pour l’écriture de textes.

Mai 1992: l’album n’a pas de titre, mais son contenu fait l’unanimité. Les sonorités se sont élargies à de nouveaux instruments (dobro, basse acoustique) et le fond s’est teinté de folk blues. Ballades ou morceaux plus durs, les guitares règnent toujours. De concerts sold out en festivals, le reste de l’année s’écoule sur les routes. Dates « unplugged » en formation réduite d’abord, groupe au complet ­ amplis à fond ensuite.

En février 1993, un accident lors de la tournée hongroise met fin au vagabondage. Jambe brisée, Sonic se retrouve pour plusieurs mois à l’hôpital où il se découvre un appétit nouveau pour l’écriture et le français. Reclus, il s’échappe par le biais non plus seulement de chansons, mais s’essaie aux poèmes, aux nouvelles: de la tension accumulée et de l’inspiration décuplée par ces mois d’immobilité forcée va naître un nouvel album, Les leurres. Douze titres enregistrés sur un an en différentes sessions entre Londres et Bruxelles.

Confié à John Frayer pour la partie anglaise et à l’éternel complice Gilles Martin pour la partie belge (et l’ensemble des remixes), ce troisième opus marque un retour aux sources. Sonic joue pratiquement tout lui-même et se contente de trois invités (Blainie Reininger au violon, Phil Kirby, batteur de Yargo et un percussionniste, Franck Mikaëls). Guitares toujours, mais davantage dans l’esprit du premier album, voire dans l’esprit Kalash: extrêmes.

Les morceaux alternent, farouchement électriques (Ils dorment encore, Puisqu’il faut le dire…) ou délicatement acoustiques (Les leurres) et se permettent même parfois un habile mélange des deux, calmant l’ardeur d’un sanglot de violon, d’un doigt de piano (Une pierre à la place, Back to the sad times…). Mais quel que soit le son, les mêmes ambiances dominent, orageuses, cyniques ou mélancoliques. Le style s’est affiné, plus léché, plus riche, plus poétique et l’anglais a pratiquement disparu. Une page est tournée.

Fin 1996, Barclay « rend » son contrat à Dominic Sonic. S’ensuivront des démarches difficiles pour sortir les quelques morceaux déjà enregistrés en vue d’un prochain album. Ce sera en constituant son propre label (Sonic records), avec l’aide de son désormais indéfectible tourneur Yann Hamon, que Essais 94-96 sortira en licence chez Musidisc en 1997. Un mois plus tard, le label sera racheté par Universal, qui interrompra aussitôt la distribution du disque. S’ensuit une longue période de tournées acoustiques et de maquettes non-utilisées.

Fin 2002, Dominic revient aux Transmusicales de Rennes pour une apparition remarquée en tant qu’invité surprise des Stooges. L’année 2003 sera consacrée aux répétitions avec les Sonic Machine (groupe constitué de vieux camarades: Yves-André Lefeuvre à la batterie, Franck Hamel et Patrick Sourimant des Bikini Machine à la guitare et à la basse). Premier concert en été pour les « garden party’s ». Passage à l’Ubu pour les Trans, en décembre (remarqué par JJ Toux, programmateur des Vieilles Charrues).

En 2004, après un rodage scénique à St-Brieuc, les Sonic Machine font un concert solide devant 12.000 personnes aux Vieilles Charrues.

Début 2005, ils se produisent en Norvège lors du festival By-Larm à Stavenger. Pendant que les Bikini enregistrent leur nouvel album, Dominic et Yves-André se produisent à deux, dans une formule guitare électrique-batterie, qui n’est pas sans rappeler la première formule en duo de Dominic et Vincent. Actuellement, de retour d’une tournée d’un an et demi en tant que backliner des Deportivo, Dominic, désormais parisien, travaille à de nouvelles compositions.

Les projets pour 2006 sont: un album enregistré en février à Rennes et qui devrait sortir dans l’année, un projet de chanson avec son ami Jean Echenoz, une pièce de théâtre intitulée « La loi des pauvres gens » écrite par Sylvain Chantal et jouée à Nantes en première dès octobre. Dominic y signe la musique et apparaît dans la pièce comme musicien-comédien. Autre projet: un DVD regroupant l’ensemble des images télés des Kalashnikov et de Dominic Sonic, ainsi que les clips, des interviews, tout ceci réalisé par Christophe Hacker (réalisateur des clips et du DVD consacré aux Deportivo).

Domini Sonic est décédé le 23 juillet 2020 à l’age de 56 ans.

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