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Biographie de Renan Luce

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Quand Renan Luce a donné le dernier concert de sa tournée, le 25 mai 2008 au Zénith de Paris, chacun dans le métier savait qu’il aurait pu remplir quelques autres soirées, puisqu’il aurait été volontiers accueilli dans les festivals d’été. Mais il voulait écrire la page suivante de son aventure, après le phénoménal succès de Repenti, son premier album sorti en septembre 2006. Tandis que le quatrième single extrait son disque, Monsieur Marcel, tournait sur toutes les radios françaises, il a mis en chantier Le Clan des miros, son deuxième album.
Renan Luce naît le 5 mars 1980 à Paris. Il passe toute son enfance et son adolescence en Bretagne, à Plourin-lès-Morlaix (près de Morlaix, dans le Finistère). Il commence sa formation musicale en participant avec son frère Damien Luce et sa sœur Claire à une chorale, puis débute le piano classique avec Damien. Il poursuit son apprentissage aux conservatoires de Brest puis celui de Saint-Brieuc. Il se met à la guitare et compose ses premières chansons.

Après deux ans de classe préparatoire à Rennes, où il se produit dans des bars et quelques festivals (première partie de Matmatah), il est admis à l’École supérieure de commerce de Toulouse. Dans le cadre de ses études, il compose deux chansons et les enregistre sur un disque vendu au profit d’une association humanitaire qui aide une école de Madagascar.

Après ses trois années d’études à Toulouse, il s’installe à Paris et décide rapidement de se consacrer exclusivement à la création de chansons et au spectacle. Il rencontre son éditeur, Olivier Lefebvre (Universal Publishing), puis son manager, Jeff Génie, qui l’installe pour plusieurs mois de concerts au théâtre Le Méry (Place de Clichy). On croise déjà dans le public des fans de la première heure, comme le chanteur Renaud ou Bénabar. Il signe son contrat de disque chez Barclay fin 2005.

Plusieurs festivals lui donnent alors sa chance (Francofolies de La Rochelle, Alors Chante à Montauban) et Bénabar le prend en première partie au Zénith de Parisen 2006. Il est aussi souvent invité par d’autres artistes et jouera ainsi en « lever de rideau » de Maxime Le Forestier, Clarika, Jeanne Cherhal, Thomas Fersen…

Son premier album, “Repenti”, sort en septembre 2006, réalisé par Jean-Louis Piérot et enregistré aux Studio du Manoir, Studio de la Seine et Studio ICP (Bruxelles).
Il part en tournée jusqu’au printemps 2008. Il se produit notamment quatre fois au Québec durant l’année 2007. Sur une période de 18 mois, tous ses concerts parisiens sont complets et il aura finalement joué devant plus de 200 000 spectateurs.
Soutenu dès le départ par Bernard Chérèze sur France Inter, avant que d’autres radios ne popularisent ses chansons, il aura pendant plusieurs mois jusqu’à trois singles classés simultanément : “La Lettre”, “Les Voisines” et “Repenti”.

Son album “Repenti” est certifié disque de platine en décembre 2007 et atteint finalement les 800 000 exemplaires vendus. Il est également disque de platine en Belgique (avec 40 000 exemplaires vendus).

Il reçoit deux Victoires de la musique en 2008 celles de l’« album révélation de l’année » et de la « révélation scène de l’année » et participe au nouveau spectacle des Enfoirés en 2009.
Il est nommé aux Victoires de la musique 2009, dans la catégorie « chanson de l’année », pour “Repenti”.

Le 12 octobre 2009 sort son second album, “Le Clan des miros”. En sont extraits les singles “La Fille de la bande”, puis “On n’est pas à une bêtise près”, qui sert de générique au film “Le Petit Nicolas”, et “Nantes”. Renan Luce entame une nouvelle tournée le 1er octobre 2009 qui l’amene jusqu’à la fin de l’été 2010.
A la suite d’un de ses concerts à L’Olympia il reçoit un double disque de platine pour son second album “le clan des miros”.

Discographie de Renan Luce

Albums
2014 D’une Tonne A Un Tout Petit Poids
2009 Le clan des miros
2006 Repenti





Renan LuceRenan Luce commence à se tailler une jolie réputation. Ce petit ira loin. Il est déjà très haut dans la mêlée. Aux premières places grâce à des singles touchants, qui parlent de voisines, de chiens mouillés, de feuilles blanches pour nuits noires. Dans la chanson française, son style qui se rapproche des peintres de la vie particulière que sont Thomas Fersen ou Alexis HK, détonne et innove tout en respectant les mythes. Rencontre avec lui à la maison folie de Lille-Moulins. Lieu sympathique où il donne un concert le soir même.

Zicactu: Vous venez de fêter votre anniversaire, est-ce l’un des plus beaux vu que l’album marche bien ?

Renan Luce: C’est vrai qu’il avait une saveur particulière cet anniversaire. Surtout qu’avant hier, j’étais sur le tournage d’un clip et que je l’ai fêté avec les gens avec qui je bosse. Le seul hic, c’est que je rentrais à peine du Canada, que j’enchaînais avec le clip et donc j’étais épuisé.

Zicactu: Le goudron et les plumes étaient réservés aux tricheurs alors pourquoi en mettre sur votre guitare ?

R. L.: C’était l’idée de faire un clin d’oeil à ces tricheurs. Ca collait bien au fait que je racontais plein d’histoires. Qu’il y a beaucoup de mensonges dans ces chansons et des personnages solitaires à qui il arrive des destinées particulières comme on peut le voir dans les westerns.

Zicactu: C’est tout de même un crime de mettre cet alliage sur une guitare ?

R. L.: Il a été sympa le mec qui nous a prêté sa gratte. Mais on l’avait vraiment bien protégée, je vous rassure, elle s’en est sortie (rires).

Zicactu: Se repentir, c’est ressentir le regret d’une faute ?

R. L.: Il y a le fait d’admettre et d’avoir conscience de ce qu’on est. Parfois on est capable des pires atrocités, donc le fait de prendre du recul et de savoir qui on est et ce que l’on a pu faire, c’est déjà un premier pas vers le mieux. Se repentir n’est franchement pas quelque chose de facile à adopter comme philosophie.

Zicactu: Un mec un jour a déclaré: “Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche” (Matthieu 4:17). Alors avec ce premier album, Renan Luce est un peu au paradis des anges à plumes ?

R. L.: Il n’y a aucun clin d’oeil à l’au-delà. Je suis quelqu’un de terrien, de rationnel… pour l’instant (rires).

Zicactu: Tout est parti de 10 ans de conservatoire. C’est sur ces années que vous avez assis votre style ou c’est en écoutant dans votre chambre, des chanteurs autodidactes ?

R. L.: J’ai plutôt tendance à me considérer comme un autodidacte. Même si en conservatoire, j’ai appris des choses comme les instruments ou le solfège, je n’étais pas quelqu’un de super assidu. La manière de faire ne collait pas avec ce que j’étais. Même pendant cette période, je grattais la guitare, je chantais des chansons: c’était ça qui me portait. J’ai aussi voulu suivre le parcours de mon grand frère. Les gens que j’écoute ou que j’écoutais étaient pour la plupart des autodidactes.

Zicactu: Quels étaient ces disques ?

R. L.: L’éternel Brassens qui est celui que j’écoutais petit comme on écoute des comptines et que j’écoute aujourd’hui comme on écoute un poète. C’est l’artiste que j’ai écouté sur la plus longue période. Brel aussi. Nougaro. Ces gens qu’on écoutait à la maison. Les Beatles, les Doors. Autour de 17 ans, j’ai découvert des artistes comme Miossec ou les Têtes Raides. Ces gens qui me donnaient envie car ils se présentaient simplement. En décalage de la variété française. Je me retrouvais dans leurs énergies. Il n’y avait pas besoin de devenir Johnny pour faire de la chanson.

Zicactu: Vous parlez dans vos chansons de gens normaux, mais avec un décalage ?

R. L.: Oui, si je parle d’un magasin dans “Camelote”, je fais intervenir un mariage par exemple.

Zicactu: Envisagez-vous vos chansons comme des costumes à endosser sur 3 minutes et des secondes ?

R. L.: Je ne suis pas sûr de me prendre pour un personnage même quand je les chante. A l’exception de “Repenti” où c’est rigolo de se prendre pour la personne. Mes chansons sont souvent à la première personne mais c’est juste pour être plus efficace. Pour que le public puisse voir le personnage.

Zicactu: Quand vous envisagez vos chansons, vous partez d’un sujet pour ensuite suivre le fil des rimes ou alors la musique vous porte à fabriquer le texte ?

R. L.: Pour l’écriture, c’est exactement ça: je pars d’une idée, de deux rimes au début et ensuite je me laisse embarquer par les rimes. Même si ça m’embarque ailleurs que sur l’idée de départ. C’est comme un puzzle. Le but à la fin, c’est que ça semble couler de source. Même si dans mon coin, c’est une série d’essais.

Zicactu: La musique n’est jamais présente avant le texte ?

R. L.: Si, par exemple “Les voisines”, c’était une mélodie avec un autre texte. “Mes racines” également. La plupart du temps, j’écris un bout de chanson et je cherche la mélodie adéquate. Je fais ma petite cuisine.

Zicactu: C’est un travail de longue haleine ?

R. L.: Pour la mélodie, c’est instinctif, même si parfois cela peut mettre du temps pour coller avec l’histoire. Mais l’écriture, oui cela me demande beaucoup de temps. Pour trouver la forme… mais c’est l’étape que je préfère.

Zicactu: C’est dans la satire que vous vous sentez le mieux ?

R. L.: Y a de ça. Je ne me dis jamais: “je vais être satirique”. Mais c’est surtout une forme de pudeur. Je me dégage de toutes responsabilités. J’aurais du mal à résumer en 3 minutes quelque chose de lourd. J’aurais trop envie d’être honnête, sans faire de slogans. Si j’étais plus direct, je ferais des chansons de 20 minutes. La satire est très poétique. Elle élude certaines choses.

Zicactu: Les nuits blanches, vous les avez vécues avant la sortie de l’album quand il fallait de l’inspiration, ou vous les avez maintenant que ça marche bien pour vous ?

R. L.: Je suis assez sujet à l’insomnie. Souvent je commence à m’endormir et là je pense à quelque chose, qui s’emballe et ça devient l’enfer. Pour me calmer, j’essaye de m’imaginer que j’ai des pouvoirs magiques et que je dois trouver lesquels avant de m’assoupir. Bref des trucs super légers (rires).

Zicactu: “Je suis une feuille” est très particulière comme chanson ?

R. L.: C’est le titre le plus vieux de l’album. C’est celui où j’ai choisi un mode différent d’écriture. Faire parler un objet, c’est oublier de parler de moi-même.

Zicactu: L’arrivée de Jean-Louis Piérot à la réalisation de votre disque a été déterminante ?

R. L.: Avant de le rencontrer, j’ai bossé beaucoup les arrangements. Je m’amusais à faire des contre-chants à la guitare acoustique puis avec mon ordinateur, je rajoutais un trémolo, un son électrique et je trouvais que ça marchait vraiment bien. Quand je l’ai rencontré, je voulais qu’il y ait un côté folk, les sons chauds de la guitare. On aurait pu aller plus loin mais je ne souhaitais pas que ce soit un pastiche d’Ennio Morricone. Il fallait que ça reste léger.

Zicactu: Le fait d’avoir cette idée de dépouillement est venu de vos moyens financiers limités pour un premier album ou cela sert mieux vos titres ?

R. L.: C’est vraiment un choix. J’aurais pu avoir un orchestre. Mais je trouve que c’est casse-gueule. Je ne voulais pas que ça devienne lyrique et donc sans intérêt. Je ne voulais pas de différence entre ce que je proposais sur disque et ce que j’allais proposer sur scène car là, en l’occurrence, faire venir un orchestre philharmonique sur scène aurait été financièrement difficile (rires). C’était important que cela reste sobre.

Zicactu: Aviez-vous l’impression avant de faire ce disque, que tous vos titres étaient des tubes en puissance et qu’ils allaient infiniment parler aux gens ?

R. L.: J’avais beaucoup de soutien, les gens étaient enthousiastes. Aujourd’hui, j’ai pas l’impression d’être dans un tourbillon. C’est petit à petit que les gens découvrent Renan Luce, par le bouche à oreille. Par contre, j’ai conscience que mes propos sont clairs et compréhensibles par le plus grand nombre et ça, assez vite quand j’écris une chanson. J’aime l’efficacité sans aller à l’encontre de la qualité ou de la profondeur.

Zicactu: Votre disque n’est pas générationnel, on aurait du mal à le dater de 2007 ?

R. L.: Ecoutez, j’en suis content, mais ce n’est pas un choix. Tant mieux. Ce sont justes des petites comptines.

Zicactu: Il est aussi apprécié des puristes, des branchés, des gens lambda, de la presse régionale et de la presse ciblée…

R. L.: Y a même des gens plutôt sévères dans le milieu qui en ont parlé de manière sympa. Je me soucie un peu de la critique, c’est pas une question d’ego mais je pense que n’importe qui s’en intéresse. Les journalistes, vous avez des clefs pour analyser différemment du grand public. Ca n’a pas plus de valeur que les paroles du public mais c’est intéressant de voir ce que les professionnels pensent. Surtout que mes chansons, je les ai écrites avant d’avoir une maison de disque, je chantais quand je trouvais des plans. Je ne me demandais pas quoi faire pour plaire à la critique ou quoi faire pour passer à la radio.

Zicactu: Ce n’est pas anodin si vous avez gagné le prix du public au festival de Montauban ?

R. L.: J’en suis très fier. Ce festival “Alors chante” était une super semaine avec cette apothéose en forme de prix. Les gens, pour pouvoir voter, ont dû écouter tous les concerts.

Zicactu: Vous rentrez du Canada, alors comment trouvez-vous nos cousins ?

R. L.: J’ai adoré ! J’y suis allé sans savoir à quoi m’attendre. Pour le coup, ce fut le tourbillon, j’ai dû faire 40 interviews, des super papiers, deux mini concerts avec 300 personnes dans une salle de 200. Du coup, je vais y retourner. Y a un côté qui coule de source là-bas. Ici on a l’impression de ne pas savoir trop ce qui se passe, les médias se regardent un peu les uns les autres, se demandent si c’est bien d’en parler, etc. Là-bas, les médias te donnent tout de suite un retour. Si ça plaît, si c’est sympa, ils te le font savoir.

Zicactu: Votre passage sur Internet avant d’être connu, ce buzz autour de votre nom vous a beaucoup aidé ?

R. L.: Oui. Le bouche à oreille a vraiment bien fonctionné pour remplir des salles. Maintenant je vais sur les forums. Je mets en concert des visages sur des noms. C’est hallucinant de voir que même les enfants maintenant sont au courant de tout grâce au net. Moi, à leur âge, je regardais des dessins animés et eux maintenant me commentent mes concerts ou mon album. Pour le Canada, MySpace par exemple m’a beaucoup aidé.

Zicactu: Pas de regret d’avoir quitté les études de commerce ?

R. L.: Houla non ! En quittant cette école, j’ai travaillé dans la musique dans un milieu que j’aimais: c’est à dire chez un producteur de concert. Et déjà là, j’étais pas très bien. Allez au bureau, tout ça. Là, j’ai la vie dont je rêvais. Etre dans le camion avec mes copains musiciens. Rencontrer des gens. Cela répond à mon besoin de curiosité, d’ouverture aux gens.

Propos recueillis par Pierre Derensy.

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