Parenthèses

Françoise Hardy

Album CD – 2006 – Virgin

13 à table portent parfois bonheur. Françoise Hardy ayant convié 12 convives qui lui sont chers à s’attabler en sa compagnie, sur des reprises ou certains anciens titres de son répertoire, a touché le jackpot. La sainte femme truste les premières places des ventes et, en ces temps difficiles, c’est osé de faire briller la qualité sans artifice.

Ces invités qui apportent leur voix à ce dessein étonnant, sont tous de merveilleux interprètes et reprennent dans des duos parfois improbables (Alain Delon ou Julio Iglesias) mais souvent incontestables (Dutronc père et fils, Benjamin Biolay) une collection de titres qui sont les préférés de la dame.

Le casting est digne des meilleurs films de studio de la chanson française. Sans pour autant respecter au pied de la lettre la partition, les chansons délicatement agencées sont des miracles soutenus par la voix protectrice et cajoleuse de Françoise Hardy.

De Bashung qui l’escorte sur Que reste-t-il de nos amours ? au piano d’Hélène Grimaud qui fait rêver sur La valse des regrets, tout est doux et ajusté. On n’est pourtant pas dans un remake des soirées de Maritie et Gilbert Carpentier car l’amour éclectique pour la musique de l’instigatrice du projet fait des aboutements entre l’ancienne et la nouvelle génération d’artistes.

Elle se montre exigeante et a le droit de l’être, faisant plier de bonne grâce par exemple un Rodolphe Burger dans sa tonalité vocale. Elle dispose aussi d’un panel et d’un goût sans frontières: c’est pourquoi Ben Christophers sur My Beautiful Demon, assurément la chanson la plus accomplie du disque, se retrouve guidé par le flair de Françoise Hardy qui connaît le bon à chanter du mauvais à écarter prestement de cet album.

Pierre Derensy

Liste des titres

:

Que reste-t-il de nos amours ? (avec Alain Bashung)
Modern style (avec Alain Delon)
Amour toujours, tendresse, caresses (avec Jacques Dutronc)
Partir quand même (avec Julio Iglesias)
My beautiful demon (avec Ben Christophers)
Soleil (avec Alain Souchon)
Cet enfant que je t’avais fait (avec Rodolphe Burger)
Le fou de la reine (avec Henri Salvador)
Les sédiments (avec Arthur H)
La rue du babouin (avec Maurane)
La valse des regrets (avec Hélène Grimaud au piano)
Des lendemains qui chantent (avec Benjamin Biolay)

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