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Biographie de Jacques Brel


On a sans aucun doute trop parlé de Jacques Brel. Tantôt fou rêveur, tantôt anarchiste misogyne, tantôt alcoolique dépressif, le Grand Jacques s’est vu coller toutes les étiquettes, souvent aussi fausses les unes que les autres.

Que dire de Jacques Brel qui ne paraîtrait superflu ou décalé ? Juste quelques mots d’amour, de tendresse aussi, et de profonde amitié, car partager tant de nuits blanches en sa compagnie, chanter la vie en l’accompagnant, c’est un peu s’approcher de lui, lui prendre la main ou se laisser aller à pleurer sur son épaule.

Bruxelles

Le plus français des chanteurs belges (ou le plus belge des chanteurs français ?) naît à Bruxelles le 8 avril 1929. Son père, Romain Brel, directeur d’une usine de carton, le destine à un avenir bourgeois et confortable tout tracé.

Mais c’est sans compter sur le caractère du petit Jacques, qui, dès l’école primaire, se trouve être un élément peu discipliné, rêveur, et joueur. A l’institut Saint-Louis en 1941, on le sait chahuteur, et déjà il préfère le français au flamand…

Il découvre le cinéma et le théâtre et s’essaie à l’écriture, développant ainsi sons sens artistique. En 1945, avec des amis, il publie une revue, “Le Grand Feu”, qui ne durera que deux numéros ! Lassé des études, il quitte le collège et rejoint la cartonnerie familiale au service commercial.

Mais ce n’est pas encore ça, et pour s’évader à nouveau, Brel décide de faire son service militaire en juin 1948. Il sera affecté à Bruxelles. Jacques se marie en juin 1950 avec Thérèse Michielsen dite Miche et, en décembre 1951, naît Chantal, sa première fille.

Tout en continuant à travailler à la cartonnerie, Jacques veut vivre autrement, et il enregistre à Bruxelles, en février 1953, un disque qu’il souhaite proposer aux radios. Ce premier titre, La Foire / Il y a, marquera le début d’une longue carrière.

C’est à Paris que Jacques, riche de cette première expérience discographique, essaie de se vendre. Il a laissé derrière lui sa femme et sa fille, de peur de les entraîner dans cette difficile aventure. Et, en effet, à ses débuts, la vie est dure: Jacques joue dans les cabarets pour un repas ou cent francs la soirée. La pauvreté le pousse à vivoter, de plonges en spectacles…

Aux Trois Baudets, où débutent alors Brassens, Béart, Mouloudji, Aznavour, Devos, … Brel fait la rencontre de Jacques Canetti qui le lance en lui permettant d’enregistrer en février 1954 son premier album. Entre-temps, France, sa deuxième fille est née en juillet 1953.

Quand on n’a que l’amour

Brel commence quelques tournées en province, en Afrique du Nord et en Suisse. L’étincelle a lieu en 1957, quand en mars, sort un album comprenant le superbe titre Quand on n’a que l’amour, qui recevra le prix Charles Cros et se vendra très bien.

Les tournées se font internationales, et Jacques, accompagné de ses amis musiciens Rauber et Jouannest, devient une véritable célébrité dès 1959. Mais la vie d’artiste est éprouvante et Jacques ne voit que très rarement “ses femmes” (la famille s’est agrandie en 1958 avec la naissance de sa troisième fille Isabelle).

En 1962, la carrière de Brel s’étoffe: il s’essaie à la radio, crée Pouchenel, une maison d’édition dirigée par sa femme Miche, et surtout change de maison de disques: il quitte Philips pour Barclay en mars 1962, et les deux hommes deviendront de véritables amis au point que leur contrat renouvelé en 1971 sera signé pour une durée de trente ans ! Mais Brel ne tiendra pas jusque là…

La dureté du métier, la solitude, la mort de ses parents en 1964, tout contribue à donner des envies d’ailleurs à Jacques, qui dès 1965 suit des cours de pilotage d’avion.

En 1966, après de nombreuses tournées qui l’ont conduit d’Israël en URSS, Brel, lassé de cette vie et de peur de tomber dans le piège du show-biz, décide d’arrêter la scène. Ses adieux à l’Olympia dureront trois semaines et seront un moment inoubliable de grâce et de beauté. Une dernière tournée s’en suit mais Jacques a déjà la tête et le coeur ailleurs.

Homme de la Mancha

En 1967, à New York, il découvre l’Homme de la Mancha et, séduit par ce spectacle, veut absolument en faire une adaptation française. Ce lourd projet aboutira en octobre 1968 et sera joué 150 fois en tout. Mais la mort de Dario Moreno, son partenaire, et la fatigue, cet épuisement propre à la scène, achèvent Brel.

Le cinéma entre dans sa vie; le bateau, l’avion, l’envie d’être ailleurs, c’est un Brel différent qui passe le cap des années 1970. Pas lassé, mais riche de tant de succès, et fidèle à ses convictions, Brel s’éloigne de la chanson et touche à toutes ses passions. Le cinéma jusqu’à la réalisation de deux films.

Le Cinéma

Le cinéma qui lui offrira l’une de ses plus belles rencontres. Maddly Bamy, sa future compagne, joue un petit rôle dans le film de Lelouch L’aventure c’est l’aventure en 1972. Ils font connaissance et ne se quitteront plus jusqu’à sa mort.

Les Marquises

En 1975, lors d’une croisière sur son bateau, l’Askoy, Brel et Maddly découvrent les Marquises et s’y installent. Dès lors, ce ne sont que voyages et traversées de l’Atlantique, souvent accompagnés d’une des filles de Jacques, entrecoupés par quelques brefs retours en France. La vie est ailleurs et c’est de l’Archipel d’Hiva Oa que Jacques écrira son dernier album Les Marquises en 1977.

Mais Brel est déjà malade (il a longtemps fumé quatre paquets de cigarettes par jour). Les premiers signes de son cancer apparaissent fin 1974. Alors qu’il enregistre Les Marquises à Paris, il a arrêté de boire et de fumer mais c’est trop tard.

Eté 1978. Brel est au plus mal. Il rentre de force à Paris, se fait opérer, puis soigner dans une clinique de Neuilly-sur-Seine. Mais le mal empire, et le 9 octobre 1978, à trois heures du matin, Jacques Brel succombe à une syncope à l’hôpital de Bobigny.

Il retournera aux Marquises, les îles qu’il aimait passionnément, pour y être enterré, à côté de Paul Gauguin.

zicactu.com

Сommentaires (14)

  1. Jean Goujon a dit:

    Un coup de chapeau à cet immense artiste qui a fait tant de bien à mon âme et à mon coeur comme à ceux de millions de gens . Souvent sa voix et sa chaleur me remplissent d’émotion . “j’arrive , Jacky , Jef , Voir un ami pleurer et tant d’autres chefs d’oeuvre .
    Monsieur Jacques Brel vous êtes éternel .

  2. paula a dit:

    Hommage
    Un grand Artiste Poète
    Il est toujours dans mon cœur
    Paula

  3. Mais que faire contre l’absence ? écouter en boucle, voir un dvd; le mouchoir à la main; cafard assuré, Jacques n’aurait pas aimé, il aurait aimé “qu’on rit et que l’on chante” et j’ajoute : qu’on écrive.
    Bien timidement, j’ai écrit quelques poêmes reliés dans un recueil paru il y a deux ans. C’était comme une thérapie, un besoin de se vider, de déverser des larmes sous forme de poêsie. Je l’ai envoyé à sa fille France. Je crois qu’elle a aimé, c’est tout, c’est simple, pas de pub, mais le fait de faire cela, m’a fait du bien.

  4. Bonjour,
    Je recherche un collectionneur de Brel chanceux qui pourrait me décrire précisemment les informations contenues sur le premier Vinyle de Jacques Brel (1953) : La Foire / Il Y A, voir me faire des photos de chaque face. C’est pour compléter la discographie de Brel qui manque d’information sur ce disque.

    merci d’avance !

  5. Fanny a dit:

    Une part de nous-mêmes nous a quittés. Nous sommes orphelins d’un Maître; Il se peut qu’il y ait quelqu’un qui perpétue son oeuvre ? Difficile de s’aligner à son talent ! Toutefois, il ne faut pas se fermer aux talents qui peuvent prolonger l’oeuvre de Brel, afin qu’elle devienne éternelle.

  6. jm a dit:

    Bonjour, je recherche la date du concert que Jacques Brel a faite à lisbonne dans les années 60 si vous avez des infos merci d’avance. Jmarc.Adeo56@yahoo.fr

  7. Morad a dit:

    Merci jacques, je taime.

  8. Marie a dit:

    Jacques, Quand vous nous avez quittés, il y a 30 ans, je venais de me marier, je descendais en “voyage de noces” vers l’Espagne, l’Andalousie. Il faisait tès beau ce jour-là, un peu comme aujourd’hui. Nous venions de quitter Riom… aux confins de l’Auvergne. Nous vous écoutions à l’autoradio… Beaucoup d’amertume, de tendresse, de nostalgie… Un grand moment que je n’oublierai pas. Merci Jacques Brel !

  9. jacky a dit:

    Quand Brel nous a quitté j’avais 24 ans. je le chantais depuis l’âge de 10 ans, de part ses chansons j ai souvent pleuré; je suis heureux que les jeunes d’aujourd hui le découvrent et à cette epoque dans les bals, danser un slow sur Ne me quitte pas, c’était vraiment de l’émotion. je pense que nous avons perdu beaucoup suite à son départ prématuré, il était au sommet de sa virulence jouant en maître avec les verbes et les adjectifs, il nous manque les oeuvres qu’il n’a pu nous écrire. merci Jacques. trente ans plus tard ma petite (cavalier kin charle) s’appelle… Fanette

  10. Marc a dit:

    Fans de Brel, comme vous, j’ai découvert Pascal Deman: un véritable interprète de Brel qui sera sur scène à Bruxelles les 8, 9 et 10 octobre au théâtre Saint Michel. J’ai eu l’occasion d’assister à une partie des répétitions: c’est extraordinaire ! Quel talent ! Pierre Brel avait raison de dire ce qu’il a dit de Pascal Deman ! Le titre du spectacle est “De Bruxelles aux Marquises”. On y découvre la vie du Grand Jacques avec l’Homme de la Mancha comme fil conducteur en parcourant plus de 30 de ses chansons entrecoupées de courtes scènes de comédie. Les chorégraphies sont assurées par Csilla, renommée pour avoir formé des danseurs qui sont maintenant, entre autres, dans les troupes de Redha et Kamel Ouali. Ce sera un véritable spectacle hommage dans un style de comédie musicale, sans strass ni paillettes, dans un respect total de l’image de Brel. Vivez quelque chose d’intense et venez nombreux à Bruxelles voir et entendre Pascal Deman qui fera revivre la mémoire de Jacques Brel pendant trois soirées !

  11. Nicole Humbert a dit:

    Trente ans que Jacques nous a quittés, Cela parait une éternité, Trente ans que je suis orpheline, Que son départ peu à peu me mine, Aucun, je dis bien aucun, ne peut l’égaler, ne peut l’imiter, j’enrage quand j’entends quelqu’un d’autre qui essaie lamentablement de reprendre ses chefs d’oeuvres; rageusement, je ferme le son.

  12. Gilles a dit:

    Bonjour à tous. Moi aussi je suis un fan de Jacques Brel et je vous invite à venir partager notre passion ensemble. Je vais interpréter 15 chansons durant ce spectacle que j’ai déjà réalisé sur Paris. Je compte sur votre présence et voici un site internet ou vous pourrez me retrouver. show-chaud.net. Vous voulez vivre ou revivre “le voyage du coeur” ? Venez ré-embarquer avec moi au Théâtre de St Cyr l’école le vendredi 16 mai à 20 h 30. Je serai heureux de vous y retrouver parmi les 500 passagers de ce vol dans l’univers de Jacques Brel. Votre bien dévoué “Commandant de bord” Gilles Maisonneuve

  13. lilou a dit:

    Un petit coucou à toi!

  14. François a dit:

    c’est super de regretter le Grand Jacques et je vous rejoins. Mais pour que l’oubli n’ait jamais raison il faut le garder vivant. Jacques Barbaud, soutien dans son spectacle vivant depuis 20 ans la mémoire de M. Brel. Stupefiant. Quelle mission, Quel talent. Jacques doit etre heureux de la haut.

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