Amor Doloroso

Jacques Higelin

Album CD – 2006 – EMI Music France

Cela fait fort longtemps qu’on n’attendait plus grand chose de Jacques Higelin. On ne sait si c’est sa cure de jouvence en reprenant le répertoire de Trenet ou tout bonnement la prise de conscience qu’il serait temps de se remettre aux affaires courantes. Car le temps passe et cela aurait été dommage de s’arrêter sans marquer d’une pierre blanche le crépuscule d’un chanteur si populaire, que l’on disait par le passé, imprévisible mais génial.

On ne saura jamais ce qui a bien pu se passer dans la tête d’Higelin pendant ces 8 ans de gestation, quand l’éléphant, pour ne pas dire le dinosaure, se complaisait dans ce rôle de saltimbanque fou qui ne dit plus rien.

Seulement voilà, à la première écoute de ce nouvel album, c’est un jeune homme qui chante, un libertaire qui aime l’amour passionnel et le fait savoir sur Ice Dream. Avec Rodolphe Burger à la réalisation, son horizon se dégage des nuages gris et la canaille du music-hall s’envole sur un tapis volant vers des rythmes chauds dus en grande partie aux percussions de Dominique Mahut, un pur génie pour mettre une ambiance soufi sur un disque.

Il s’élance dans un rêve délicieux qui le voit passer d’érotomane en bluesman, puis en bateleur crooner qui conduit une 2CV dans L’hiver au lit à Liverpool. On le retrouve le couteau aux dents pour un constat social sur Crocodaïl, et mariant le chant au talk-over sur Ici c’est l’Enfer.

Entre le père Higelin et le fils H, on arrive à se demander qui a dépassé l’autre dans le fantasmagorique lunaire. Higelin se retrouve en enfance, non pas pour un album de la maturité mais bien pour un disque d’adolescent qui débuterait une carrière entre sourire de loup et caresse de couleuvre. L’amour n’est pas mort, Amor Doloroso est un sinistre flamboyant qui tient chaud quand arrive l’heure du constat des dégâts.

Liste des titres

:

Queue de paon
Prise de bec
Ice Dream
L’hiver au lit à liverpool
Se revoir et s’émouvoir
Halloween
Crocodaïl
Ici, c’est l’enfer
Amor Doloroso
J’t’aime telle
J’aime

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