Chaos and Creation in The Backyard

Paul McCartney

Album CD – 2005 – Parlophone

Événement toujours très attendu, la sortie d’un nouvel album de Paul McCartney suscite d’ordinaire un engouement trop souvent égalé a posteriori par la déception. Car derrière la légende se cache une carrière post-Beatles très inégale (dix-neuf disques au compteur, en solo et avec ses Wings).

En quête de retour aux sources, McCartney livre avec Chaos And Creation In The Back Yard une cargaison de chansons apaisées où son sens de la mélodie transparaît immédiatement. Poussé par le producteur Nigel Godrich (celui, entre autres, de Radiohead et de Beck), l’ancien Beatle retrouve sa versatilité en s’appliquant à jouer presque tous les instruments (guitares, basse, batterie, claviers).

Promesses de douceur et de créativité retrouvées, textes soignés et arrangements raffinés sont au rendez-vous. Mais passée une première impression de délicatesse enchanteresse, comme chez Elliott Smith, St Thomas ou Girls In Hawaii, et malgré une volonté de simplification évidente, la mièvrerie gagne rapidement les oreilles de l’auditeur, pantois devant tant d’ennui.

Certes, tout n’est pas à jeter: l’élan nostalgique palpable sur Jenny Wren ou At The Mercy fonctionne à merveille, Friends To Go et l’ironique English Tea sautillent élégamment avant que A Certain Softness ne déroule un faux rythme mélancolique.

Mais à l’image du single Too Much Rain, une grande majorité des morceaux retombent dans l’anonymat et après les prémices de mélodies savoureuses, la digestion du soufflé s’effectue aussitôt.

À l’instar de Rolling Stones essoufflés, McCartney tourne en rond et s’il n’étonne plus, il parvient même à lasser carrément par moments. Les bons sentiments n’y changent rien: l’ensemble cohérent se transforme très vite en menu fade et trop léger.

Monstre sacré gentil, sincère et surtout vivant (qualité rare chez les mythes !), McCartney suscite naturellement la sympathie. Critiquer sa musique s’avère dès lors un exercice bien délicat.

Toutefois, sous prétexte qu’une icône sorte son meilleur album depuis perpette, le tapage engendré n’occulte pas la faiblesse d’un assortiment certes cohérent mais finalement assez mollasson. Loin des critiques dithyrambiques gentiment aveugles, reste un recueil plaisant sans être inoubliable.

zicactu.com

Liste des titres

:

Fine Line
How Kind of You
Jenny Wren
At the Mercy
Friend to Go
English Tea
Too Much Rain
A Certain Softness
Riding to Vanity Fair
Follow Me
Promise to You Girl
This Never Happened Before
Anyway

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