C’est à Clarksdale, au Mississippi, que John Lee Hooker, figure légendaire du blues, voit le jour le 22 août 1917.

Il apprend à jouer de la guitare dès l’âge de douze ans avec un ouvrier agricole tout en accompagnant son père, prédicateur dans une église baptiste. Refusant sa condition de travailleur dans une plantation de sa région natale, il part vivre à Memphis en 1931, en se cachant dans un train de marchandises… Cela change sa vie puisqu’il y rencontre… le blues !

Memphis

A Memphis, John Lee Hooker côtoie aussi bien des bluesmen que des groupes de gospel et survit en faisant le mécano, le bûcheron. Mais son jeune âge ne lui permet que de se produire dans la rue ! Il habite chez une tante puis s’enfuit à nouveau, cette fois-ci pour Cincinnati. Il y travaille notamment comme veilleur de nuit avant de mettre le cap sur Detroit, en 1943, ville dans laquelle il est employé à la chaîne dans l’usine Ford… Malgré un contexte difficile pour un noir, il s’y impose après s’être produit à des centaines de reprises dans des clubs locaux de Hasting Streets.

Boom Boom

Son premier enregistrement officiel, en 1948, Boogie Chillen, se vend à plus d’un million d’exemplaires. Il va enregistrer une centaine de titres en l’espace de cinq ans, sur de nombreux labels et sous divers pseudonymes (Johnny Lee, The Boogie Man, Alabama Slim, …).

Sa carrière est lancée mais John Lee Hooker pâtit de l’arrivée de valeurs montantes comme BB King, au milieu des années 50.

Hooker participe à la fin de la décennie à de nombreux festivals de blues. C’est à cette époque qu’il signe l’un de ses plus beaux morceaux, le mythique Boom Boom. Sa voix puissante fait merveille et, en 1962, il est la grande vedette de la première tournée européenne de l’American Folk Blues Festival.

The Healer

Des groupes charismatiques des sixties comme les Rolling Stones ou The Animals, lui vouent une vraie admiration. A l’aube des années 70, John Lee Hooker s’établit en Californie où il enregistre notamment avec Van Morrison et Canned Heat. Sa carrière prend une coloration nettement plus rock mais, malgré de nombreux concerts et autant de disques, semble marquer le pas !

Un passage à vide qui va durer près de quinze ans ! John Lee Hooker forme le Coast To Coast Blues Band, sillonne le monde, joue au cinéma dans “La couleur pourpre” et “The Blues Brothers”, mais il faut attendre la fin des années 80 pour qu’il refasse surface.

En 1989, il vend plus d’un million d’exemplaires de son album The Healer, réalisé en partie avec Carlos Santana. La nouvelle génération de musiciens vient y saluer ce monstre sacré.

Don’t Look Back

John Lee Hooker est revenu à la mode et la réédition de Boom Boom, en 1992, pour les besoins d’une publicité télévisée est un carton mondial.

D’autres opus comme Chill Out ou Don’t Look Back, produit par Van Morisson, complètent une discographie abondamment fournie. En 1998, deux Grammy Awards récompensent ce dernier disque pour son duo avec le groupe Los Lobos.

Il reçoit, de son vivant, la distinction de membre du Panthéon du rock ! Sa dernière collaboration, il la réserve à Zucchero sur son album Shake. John Lee Hooker nous quitte en effet, dans son sommeil, le 21 juin 2001. Triste façon de fêter la musique…

zicactu.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *