Divinidylle

Vanessa Paradis

Album CD – 2007 – Barclay

Il y a des artistes qui gazouillent pour ne rien dire, il y a les rapides du studio qui programment tous les ans leurs maquettes sans originalité. La majorité du lot est donc plutôt dans un plan marketing avec un directeur artistique en grand mentor. Et puis, il y a ceux qui n’en font qu’à leurs têtes, ceux qui repèrent leurs tubes en flânant dans une prairie remplie d’herbes vertes. Les bulleurs infatigables qui travaillent en dormant. Vanessa Paradis fait partie de ces gens-là. Elle guette, elle cueille dans l’air du temps des mélodies, des paroles, des collaborateurs, se payant le luxe de se faire attendre sans décevoir.

20 ans de carrière, du rejet, de la passion, des albums où la muse impose avec douceur sa patte à ses pygmalions quels qu’ils soient, et qui impose également le respect en prouvant que ceux qui ne sont pas dans le tourbillon de Voici mais dans celui de la vie peuvent exister et s’envoyer au 7e ciel sans que le grand public le sache.

Le petit oiseau a fait son nid (quelques films, des collaborations musicales et 2 bébés) et pris 7 ans pour sortir un Divinidylle qui porte bien son nom. Ce disque a tout pour plaire: Vanessa bien sûr, des musiciens de grandes qualités comme M, Albin de la Simone, Vincent Ségal… (à noter qu’ils suivront la belle en tournée) et quelques plumes au rayon textes comme Marcel Kanché (qui trouve en Paradis un palliatif à son enfer), Jean Fauque, Franck Monnet et Brigitte Fontaine.

Cet album est classieux au dedans et au dehors (un coffret magnifique), et se situe dans la continuité d’une carrière qui affine au fil des disques la voix de l’artiste, ce point dit par certains “faible”. Ici, elle en fait un atout majeur en enrobant ses chansons d’une musique mesurée, à sa pointure.

Utilisant un scalpel d’une précision chirurgicale rock-pop, frappant l’épiderme via Dès que j’te vois ou Irrésistiblement, elle se pose ensuite mélancolique dans Les revenants ou Junior suite. Comme si cette femme en quelques tempos bien léchés pouvait passer d’un sourire en coin d’ange à une tristesse pudique cachée dans la doublure de sa robe à carreau. Prenant autant de plaisir à soulever un kilo de plumes ou un kilo de plomb mais toujours en tapant dans les mains. C’est selon l’humeur, c’est selon l’air du temps. Nous, quelle que soit l’option, on est comblé.

zicactu.com

Liste des titres

:

Divine idylle
Chet Baker
Les piles (en duo avec M)
Dès que j’te vois
Les revenants
Junior suite
L’incendie
Irrésistiblement
La bataille
La mélodie
Jackadi

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